Fiche pratique

Fondation reconnue d'utilité publique

Vérifié le 10 juillet 2017 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Une fondation reconnue d'utilité publique consiste en la mise à disposition d'un patrimoine au service d'une cause d'intérêt général. Elle est créée par décret en conseil d’État, après instruction de la demande par les services du ministère de l'intérieur.

Objectifs de la fondation

Les fondateurs réalisent exclusivement une mission d'intérêt général sans but lucratif par l'affectation irrévocable de ressources ou de biens.

Nombre minimum de fondateurs

Une fondation reconnue d'utilité publique peut être créée par une seule personne.

Qui peut être fondateur ?

Parmi les fondateurs, peuvent figurer :

  • des particuliers âgés d'au moins 16 ans,
  • des organismes de droit privé ou public, tels que des entreprises, des associations ou des établissements publics.

Droit de retrait

Sauf dissolution, aucun fondateur ne peut se retirer sans avoir rempli tous ses engagements (notamment financiers).

Affectation de ressources

Une fondation reconnue d'utilité publique ne peut pas exister sans que soit programmée la constitution d'une dotation initiale en capital (contrairement au fonds de dotation).

Cette dotation est constituée de dons, donations ou legs des fondateurs, en une ou plusieurs fois, dans le délai maximum de 10 ans après la création de la fondation. Tout défaut de paiement entraîne la dissolution de la fondation.

Les autres ressources possibles d'une fondation reconnue d'utilité publique sont :

  • des subventions publiques,
  • de nouveaux dons, donations ou legs,
  • des revenus provenant de ses prestations de service ou de ses placements financiers.

  À savoir :

à la différence d'une association, elle n'a pas de membres cotisants.

Gestion des dépenses

La fondation reconnue d'utilité publique ne peut pas consommer sa dotation initiale, si sa durée est indéterminée.

Les sommes et les biens qui n'ont pas été employés lors de la dissolution ne peuvent pas être repris par les fondateurs. Ils doivent être confiés à une autre fondation ou à une association, poursuivant un but comparable ou compatible.

Les statuts d'une fondation reconnue d'utilité publique doivent être établis conformément à l'un des 2 modèles proposés par le ministère de l'intérieur selon qu'elle se dote d'un conseil d'administration ou d'un directoire avec conseil de surveillance. Les fondateurs doivent justifier de tout écart entre les statuts de leur fondation et ces statuts-types.

Formulaire

Modèle de statuts d'une fondation reconnue d'utilité publique avec conseil d'administration

Permet de rédiger les statuts d'une fondation, en étant assuré de respecter les obligations légales et réglementaires pour être reconnue d'utilité publique. Adopte un conseil d'administration comme instance dirigeante principale. À adapter au projet et au fonctionnement concrets de la fondation.

Accéder au formulaire (pdf - 54.4 KB)

Ministère chargé de l'intérieur

Formulaire

Modèle de statuts d'une fondation reconnue d'utilité publique avec directoire et conseil de surveillance

Permet de rédiger les statuts d'une fondation, en étant assuré de respecter les obligations légales et réglementaires pour être reconnue d'utilité publique. Adopte un directoire et un conseil de surveillance comme instances dirigeantes principales. À adapter au projet et au fonctionnement concrets de la fondation.

Accéder au formulaire (pdf - 59.1 KB)

Ministère chargé de l'intérieur

Ces organes collégiaux peuvent ou non choisir d'inclure des représentants de l'État.

Les fondateurs doivent pouvoir justifier tout écart entre les statuts de leur fondation et ces statuts-types.

Si la fondation souhaite pouvoir accueillir sous son égide des fondations abritées, ses statuts doivent le mentionner expressément.

  À noter :

le nom de la fondation peut comporter le nom d'une marque ou d'une société mais sans commencer par fondation d'entreprise cela étant réservé aux fondations d'entreprise.

Lors de la création

Les fondateurs doivent adresser par courrier au Bureau des associations et fondations du ministère de l'intérieur un dossier de demande de reconnaissance d'utilité publique [application/pdf - 15.8 KB] comprenant diverses pièces justificatives.

Une fois étudié, le dossier est transmis au Conseil d'État pour avis. Une fois l'avis favorable rendu, la reconnaissance d'utilité publique fait l'objet d'un décret publié au Journal officiel.

En cas de rejet, il est possible d'exercer un recours pour excès de pouvoir auprès du tribunal administratif territorialement compétent.

Lors des changements

En cas de changements dans les statuts, le président de la fondation reconnue d'utilité publique dépose au ministère de l'intérieur un dossier de demande d'approbation [application/pdf - 20.0 KB] . Toute modification est approuvée par décret en Conseil d'État.

En cas de dissolution volontaire ou automatique (par arrivée au terme d'une fondation à durée déterminée), le président doit également en avertir l'administration dans les mêmes formes.

Contrôle de l'activité

Chaque année, la fondation reconnue d'utilité publique d'entreprise doit adresser un rapport d'activité et de gestion :

  • à la préfecture de son siège social,
  • au ministère de l'intérieur,
  • et aux ministres en charge de son domaine d'action.

Au vu de ce rapport, l'administration peut procéder à toutes les investigations utiles pour vérifier la régularité du fonctionnement de la fondation (par exemple, visite des services de la fondation).

La Cour des Comptes peut aussi vérifier la conformité entre les objectifs poursuivis et les dépenses financées.

Contrôle des comptes

La fondation reconnue d'utilité publique fournit annuellement :

Sanctions éventuelles

En cas d'irrégularité, le ministre de l'intérieur (ou le Premier ministre) peut contraindre la fondation reconnue d'utilité publique à la dissolution.

Les dirigeants risquent des amendes et peines de prison :

  • non remise des rapports obligatoires : 9  000 € d'amende,
  • non recours à un commissaire aux comptes malgré l'obligation : 30 000 € d'amende et jusqu'à 2 ans de prison,
  • entraves faites au bon déroulement des travaux du commissaire aux comptes : 75 000 € d'amende et jusqu'à 5 ans de prison.