Fiche pratique

Vidéosurveillance de la voie publique et des lieux ouverts au public

Vérifié le 31 janvier 2018 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), Ministère chargé de l'intérieur

Utilisation des caméras mobiles par les autorités de sécurité publique

16 août 2018

La loi n°2018-697 du 3 août 2018 étend, à titre expérimental et sous conditions, l'utilisation des caméras mobiles aux sapeurs-pompiers et aux surveillants de l'administration pénitentiaire. Elle prolonge également leur utilisation par les agents de police municipale.

Un décret en Conseil d’État doit préciser l'application de cette expérimentation.

Les informations contenues dans cette page restent d'actualité et seront modifiées dès l'entrée en vigueur du texte.

La surveillance de la voie publique (rues, routes, etc.) ou d'un lieu ouvert au public (gares, mairies etc.) peut être autorisée pour différents motifs. Dans un lieu privé, aucune autorisation n'est nécessaire. Le public doit être informé de l'existence des caméras. La conservation des images ne peut pas dépasser 1 mois. Plusieurs recours sont prévus, notamment auprès de la Cnil.

Voie publique ou lieu ouvert au public

Surveiller la voie publique ou un lieu ouvert au public peut être autorisé pour l'un des motifs suivants :

  • protection des bâtiments et installations publics et leurs abords ;
  • protection des abords immédiats des commerces dans les lieux particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol ;
  • sauvegarde des installations utiles à la défense nationale ;
  • régulation des flux de transport ;
  • constatation des infractions aux règles de la circulation ;
  • prévention des atteintes à la sécurité des personnes et des biens dans les lieux particulièrement exposés à des risques d'agression, de vol ou de trafic de stupéfiants ;
  • prévention d'actes de terrorisme ;
  • prévention des risques naturels ou technologiques ;
  • secours aux personnes et défense contre l'incendie ;
  • sécurité des installations accueillant du public dans les parcs d'attraction.

Depuis 2017, et pour une durée expérimentale de 3 ans, les agents de sécurité de la SNCF et de la RATP sont autorisés à filmer leurs interventions. L'objectif est notamment de prévenir les incidents et constater les infractions.

Dans les commerces

Après information du maire de la commune et autorisation de la préfecture, les commerçants peuvent installer un dispositif de vidéoprotection :

  • dans des lieux et établissements ouverts au public particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol (lieu de vente, magasin, zone de stockage...) ;
  • ou/et sur la voie publique pour assurer la protection des abords immédiats des bâtiments et installations particulièrement exposés à des risques d'agression ou de vol.

Les caméras extérieures doivent être déconnectées de celles installées à l'intérieur pour empêcher le responsable ou ses subordonnés d'avoir accès aux images enregistrées.

L'obligation d'autorisation préalable concerne uniquement la voie publique et les lieux ouverts au public.

Aucune autorisation n'est nécessaire pour une installation dans un lieu privé ou des locaux professionnels (hangar, local d'archives...) qui n'accueillent pas de public.

  À savoir :

en cas de dispositif installé pour identifier les personnes (caméra associée à un système biométrique), les règles sont différentes. Une demande d'autorisation est à faire à la Cnil.

Procédure ordinaire

La demande d'autorisation d'installation de caméras de surveillance sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public s'effectue auprès du préfet du lieu d'implantation (du préfet de police à Paris).

Si le dispositif de vidéoprotection est en réseau et couvre plusieurs départements, la demande doit être adressée à la préfecture du département du siège social du demandeur.

L'autorisation est délivrée pour une durée de 5 ans renouvelable.

Après obtention de l'autorisation, le responsable du dispositif doit en déclarer la mise en service à la préfecture.

En ligne

Service en ligne

Demande en ligne d'autorisation d'un système de vidéoprotection

Cerfa n° 13806*03

Accéder au service en ligne

Ministère chargé de l'intérieur

Par courrier

Formulaire

Demande d'autorisation d'un système de vidéoprotection

Cerfa n° 13806*03

Accéder au formulaire (pdf - 262.6 KB)

Ministère chargé de l'intérieur

Cas particulier : établissement bancaire

Formulaire

Demande d'autorisation d'un système de vidéosurveillance pour un établissement bancaire

Cerfa n° 14095*02

Accéder au formulaire (pdf - 263.0 KB)

Ministère chargé de l'intérieur

Procédure d'urgence

En cas d'urgence liée au risque terroriste, une procédure dérogatoire d'autorisation est prévue. Cette autorisation n'est alors valable que pour une durée maximale de 4 mois.

Cette procédure s'applique aussi lorsque les autorités sont informées de la tenue imminente d'une manifestation ou d'un grand rassemblement présentant des risques d'atteinte à la sécurité des personnes et des biens.

Le public doit être informé de l'existence du dispositif de vidéoprotection.

L'information doit être faite par affiche ou pancarte, comportant un pictogramme représentant une caméra.

Ces pancartes doivent être présentes en permanence dans les lieux concernés et elles doivent être compréhensibles pour tout public.

Les établissements les plus importants (grandes surfaces par exemple) doivent également indiquer les coordonnées du responsable du système (nom ou qualité, numéro de téléphone).

Toute personne peut accéder aux enregistrements la concernant et en vérifier la destruction dans le délai fixé par l'autorisation préfectorale.

La conservation des images ne peut pas dépasser 1 mois, sauf procédure judiciaire en cours.

La demande d'accès doit être adressée au responsable du système de vidéoprotection.

Cet accès est un droit. Toutefois, il peut être refusé pour les motifs suivants : sûreté de l'État, défense, sécurité publique, lors d'une instruction judiciaire en cours ou pour protéger le secret de la vie privée d'autres personnes.

Commission départementale des systèmes de vidéoprotection

La commission départementale des systèmes de vidéoprotection :

  • contrôle le fonctionnement des dispositifs (sauf en matière de défense nationale) ;
  • fait des recommandations ;
  • propose la suspension ou la suppression des dispositifs non autorisés, non conformes à leur autorisation ou s'il en est fait un usage anormal. Elle informe le maire de la commune de cette proposition.

Toute personne intéressée peut saisir par courrier la commission d'une difficulté liée au fonctionnement d'un dispositif de vidéoprotection.

Cas général

Où s’adresser ?

À Paris

Où s’adresser ?

Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)

La Cnil vérifie que le dispositif respecte les règles (respect de l'autorisation préfectorale, durée de conservation des images, information des personnes filmées, etc.).

La Cnil procède à un contrôle du dispositif :

  • de sa propre initiative ;
  • ou du responsable du dispositif ;
  • ou à la demande de la commission départementale des systèmes de vidéoprotection.

En cas de manquement, après mise en demeure du responsable du système, elle peut demander au préfet de suspendre ou de faire supprimer le dispositif de vidéoprotection. La Cnil en informe le maire de la commune.

Toute personne intéressée peut saisir la Cnil d'une difficulté liée au fonctionnement d'un dispositif de vidéoprotection.

Service en ligne

Plainte en ligne auprès de la Cnil

Accéder au service en ligne

Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)

Recours devant le juge

En cas de difficultés concernant un dispositif de vidéoprotection, toute personne peut s'adresser à la juridiction compétente, même si elle a déjà saisi la commission départementale des systèmes de vidéoprotection.

Il peut s'agir du juge administratif ou du juge judiciaire, suivant les situations et l'objet du recours (qualité publique ou privée de la personne responsable du système, recours pour annuler l'autorisation préfectorale, poursuites pénales, etc.).

L'intéressé peut déposer, s'il le juge nécessaire, une demande en référé.

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