Fiche pratique

Restrictions et interdictions de circulation des poids-lourds

Vérifié le 07 mars 2018 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Les véhicules de plus de 7,5 tonnes de poids total autorisé en charge (PTAC) affectés au transport routier de marchandises, à l'exclusion des véhicules spécialisés et des matériels et engins agricoles, sont soumis à des restrictions de circulation. Des dérogations sont prévues sous certaines conditions.

D’une manière générale, les véhicules de transport de marchandises avec un poids total autorisé en charge (PTAC) de plus de 7,5 tonnes n’ont pas le droit de circuler sur l’ensemble du réseau routier :

  • du samedi 22 h au dimanche 22 h ;
  • les jours fériés : entre 22 h la veille et 22 h le jour férié.

Ces restrictions ne concernent pas les véhicules spécialisés et les engins agricoles.

Il existe par ailleurs des interdictions complémentaires de circuler à certaines dates et à certains horaires :

  • en période hivernale, de 7h à 18h sur une partie du réseau Rhône-Alpes les samedis 10 février, 17 février, 24 février, 3 mars et 10 mars 2018 ;
  • en période estivale de 7h à 19h sur tout le réseau, les samedis 21 juillet, 28 juillet, 4 août, 11 août et 18 août 2018 ;
  • en Île-de-France (sans dérogation possible) ;
  • dans certains tunnels de façon permanente ;
  • sur certaines routes du réseau routier national pour des raisons de sécurité (interdictions locales permanentes).

Sur le site de Bison futé, les professionnels du transport routier peuvent trouver le calendrier des restrictions (avec dates et horaires), ainsi que les cartes du réseau concerné et les conditions de dérogation : Interdictions régionales de circuler.

  À savoir :

La circulation des véhicules transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes est autorisée du 7 mai 2018 à 22h00 au 8 mai 2018 à 22h00, en raison du caractère exceptionnel de la conjonction de 2 jours fériés (8 et 10 mai 2018) dans la même semaine et les conséquences économiques résultant de l'interdiction générale de circuler sur tout le réseau routier durant ces journées.

Dérogations permanentes

Ces dérogations sont instaurées pour le transport :

  • exclusif d'animaux vivants, de denrées ou produits périssables ;
  • de produits agricoles du lieu de récolte au lieu de stockage, de conditionnement, de traitement ou de transformation de ces produits, dans la région d'origine et les régions limitrophes ;
  • de matériel et d'équipements pour des manifestations économiques, sportives, culturelles, éducatives ou politiques ;
  • d'artifices de divertissement en vue d'un tir régulièrement autorisé le jour même ou le lendemain ;
  • de produits pour combattre les incendies ;
  • d'hydrocarbures gazeux ou de produits pétroliers pour le déroulement de compétitions sportives régulièrement autorisées ;
  • de la presse ;
  • de déménagement de bureaux ou d'usines en milieu urbain ;
  • de vente ambulante (foires ou marchés), dans la région d'origine et les régions limitrophes ;
  • de fret aérien camionné sous couvert d'une lettre de transport aérien ;
  • de déchets hospitaliers, de linge et de marchandises pour le fonctionnement des établissements de santé ;
  • de gaz médicaux et d'appareils de radiographie.

La circulation à vide est autorisée pour le retour, uniquement dans la région où a eu lieu le dernier déchargement et les régions limitrophes.

Dérogations temporaires

Des dérogations temporaires délivrées par le préfet concernent un transport indispensable et urgent pour :

  • faire face aux conséquences, y compris économiques, d'une situation de crise (catastrophe naturelle), d'événements ou phénomènes climatiques ou naturels exceptionnels (sécheresse, inondation, chutes de neige) ;
  • prévenir un risque lié à un accident grave ou à un sinistre portant atteinte à la vie ou à l'intégrité des personnes, aux biens ou à l'environnement.

Des dérogations individuelles sont accordées pour :

  • un transport indispensable et urgent, en réponse à un événement imprévu (panne de réseau électrique, panne de chauffage dans un hôpital, rupture de canalisation d'eau...) ;
  • l'approvisionnement de centres de distribution menacés de pénuries ;
  • le transport de déchets pour l'évacuation des déchetteries et des abattoirs ;
  • le transport de marchandises dangereuses pour des chargements ou provenant de déchargements urgents dans les ports maritimes ;
  • l'approvisionnement en carburant par véhicules citernes des stations-service implantées le long des autoroutes et celui des aéroports en carburant avion, des ports pour les navires de pêche professionnels et à passagers réguliers ;
  • le transport de marchandises pour le fonctionnement en service continu de certains services ou unités de production ;
  • des véhicules de services publics ou de services d'urgence ;
  • des véhicules assurant l'approvisionnement en linge propre et l'évacuation du linge sale des structures hôtelières de plus de 200 chambres ;
  • la livraison d'aliments pour animaux dans les élevages.

La dérogation est accordée pour une durée égale à la période d'interdiction pour laquelle elle est demandée et ne peut dépasser un an.

Demande de dérogation temporaire

La demande de dérogation temporaire, qui doit être adressée au département de départ, doit préciser :

  • la date ou la période demandée (limitée à un an calendaire) ;
  • l'adresse du lieu de départ ;
  • l'adresse du lieu de chargement ;
  • l'adresse du lieu ou de la zone de destination (livraison) ;
  • les horaires du transport ;
  • la liste des départements traversés (numéro du département) ;
  • la raison sociale, l'adresse et les coordonnées du transporteur ;
  • les raisons ne permettant pas d'effectuer le transport avant ou après la période d'interdiction.

Le non-respect de l'interdiction permanente d'accès de certaines routes à certaines catégories de véhicules est une infraction punie d'une amende de 750 € pour une personne physique ou de 3 750 € pour une personne morale.

Lorsque cette interdiction concerne une route ou une portion de route ne permettant pas d'éviter une descente dangereuse ou un tunnel, l'infraction est punie de l'amende de 1 500 €.

Tout conducteur coupable de cette infraction encourt la peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour une durée maximale de 3 ans.

Cette contravention donne lieu de plein droit à la réduction de 3 points du permis de conduire.