Fiche pratique

Ouvrir une auto-école

Vérifié le 05 mars 2018 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Pour exploiter une auto-école, il est nécessaire de remplir certaines conditions, notamment d'obtenir un agrément préfectoral et d'employer des enseignants titulaires d'une autorisation d'enseigner, délivrée en préfecture.

L'exploitant d'un établissement d'enseignement à titre onéreux de la conduite des véhicules à moteur (auto-école) doit :

  • être âgé d'au moins 23 ans ;
  • ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation par une juridiction française ou étrangère, à une peine criminelle, à une peine correctionnelle pour l'une des infractions prévues à l'article R212-4 du code de la route, ou à une interdiction d'exercer une activité commerciale;
  • être titulaire d'un agrément préfectoral, valable 5 ans, renouvelable 2 mois avant son expiration ;
  • justifier de la capacité à gérer un établissement d'enseignement de la conduite :
    • soit en étant titulaire d'un diplôme d'État, d'un titre ou diplôme visé ou homologué de l'enseignement supérieur ou technologique d'un niveau égal ou supérieur au niveau III sanctionnant une formation juridique, économique, comptable ou commerciale ou d'un diplôme étranger d'un niveau comparable ;
    • soit en justifiant d'une formation agréée, portant sur la gestion et l'exploitation des établissements d'enseignement de la conduite ;
  • justifier des moyens de l'établissement : véhicules, moyens matériels et conditions d'organisation de la formation ;
  • disposer d'un local de formation doté d'une entrée indépendante de toute autre activité, d'une superficie totale minimale (accueil et enseignement) de 25 m², qui comprend au minimum une salle affectée à l'inscription des élèves et une autre à l'enseignement (les pièces destinées à l'enseignement doivent être suffisamment isolées phoniquement) ;
  • justifier de la qualification des personnels enseignants, qui doivent être titulaires de l'autorisation d'enseigner ;
  • pour un ressortissant de l'Espace économique européen (EEE), avoir une connaissance suffisante de la langue française et justifier :
    • soit d'une attestation de compétences ou d'un titre de formation prescrit pour exercer la profession dans l'État d'origine ;
    • soit de l'exercice à temps plein de l'activité pendant 1 an au cours des 10 années précédentes.

L'arrêté d'agrément de l'auto-école doit être affiché dans le local de manière visible et le numéro d'agrément doit figurer sur la documentation commerciale ou publicitaire.

L'activité peut être exercée :

Les véhicules destinés à l'enseignement professionnel de la conduite doivent :

  • avoir obtenu une autorisation de mise en circulation délivrée sous la forme d'une mention Véhicule école sur le certificat d'immatriculation (sauf pour les cyclomoteurs, les motocyclettes, les quadricycles légers et lourds à moteur, les tricycles à moteur de moins de 15 kilowatts et de moins 550 kg à vide) ;
  • être soumis à un contrôle technique obligatoire (le 1er doit intervenir 4 ans après la première mise en circulation, les suivants tous les 2 ans) ;
  • avoir au moins 4 places assises pour la formation au permis B ;
  • avoir été mis pour la première fois en circulation depuis moins de :
    • 6 ans pour les motocyclettes et les véhicules de moins de 3,5 tonnes ;
    • 10 ans pour les véhicules tracteurs utilisés pour le permis B mention 96 et le permis BE;
    • 15 ans pour les véhicules de transport en commun de personnes et de transport de marchandises ;
  • être couverts par une assurance des dommages causés aux tiers par les élèves en cours de formation ou d'examen ;
  • être équipés :
    • d'un volant situé au poste de conduite, à l'avant gauche du véhicule ;
    • d'une double commande de freinage et de débrayage (sauf pour les véhicules à changement de vitesses automatique) ;
    • d'une double commande d'accélération, neutralisable lors des épreuves de l'examen du permis de conduire ;
    • de 2 rétroviseurs intérieurs réglés pour l'élève et l'enseignant (sauf pour les véhicules de transport de marchandises ou de personnes) ;
    • de 4 rétroviseurs latéraux extérieurs, situés à gauche et à droite, réglés pour être utilisés par l'élève et par l'enseignant (pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes, le rétroviseur externe gauche n'est pas prévu pour l'enseignant) ;
    • d'une double commande d'avertisseur sonore (klaxon), de feux (position, croisement, route) et d'indicateur de changement de direction à portée immédiate de l'enseignant ;
    • pour les 2 ou 3-roues, d'un dispositif homologué permettant une liaison permanente (radio) entre l'enseignant et chaque élève, lorsque l'enseignant n'est pas à bord du véhicule ;
    • de panneaux ou d'inscriptions visibles de l'avant et de l'arrière, avec l'une des mentions  : auto-école, voiture-école, moto-école, véhicule-école ou cyclo-école (sans autre indication, notamment publicitaire), placés soit à l'avant et à l'arrière, soit sur le toit (dimensions minimales : 40 x 12 cm, maximales 50 x 15 cm pour une voiture particulière, dimensions : 100 x 30 cm pour les poids-lourds, où ils doivent être placés à l'avant et à l'arrière des véhicules) ;
    • pour les 2 ou 3-roues, une mention : moto-école ou cyclo-école doit apparaître nettement visible de l'avant et de l'arrière, soit sur 2 panneaux ou inscriptions placés sur le véhicule, soit sur un gilet de haute visibilité porté par le conducteur et par l'enseignant lorsqu'il est assis à l'arrière du véhicule.

Pour enseigner à titre onéreux la conduite, il est obligatoire de détenir une autorisation préfectorale, valable 5 ans. La carte d'autorisation mentionne les catégories de véhicules dont le titulaire est autorisé à enseigner la conduite en fonction des diplômes et mentions détenus.

La demande de renouvellement doit être effectuée au moins 2 mois avant son expiration (lors de la remise de la nouvelle autorisation d'enseigner, l'enseignant doit restituer l'original de l'ancienne autorisation).

En cas de perte de l'autorisation d'enseigner, un duplicata peut être demandé au préfet de département. La demande doit être accompagnée d'un certificat de perte ou de vol, qui peut tenir lieu d'autorisation d'enseigner pendant 2 mois maximum.

Conditions

L'autorisation d'enseigner est délivrée aux moniteurs qui :

  • sont âgés d'au moins 20 ans ;
  • n'ont pas fait l'objet d'une condamnation prononcée par une juridiction française ou étrangère, à une peine criminelle, à une peine correctionnelle pour l'une des infractions prévues à l'article R212-4 du code de la route ;
  • remplissent les conditions d'aptitude soumises à la visite médicale obligatoire;
  • sont titulaires du permis de conduire B depuis plus de 3 ans ;
  • sont titulaires :
    • soit du brevet pour l'exercice de la profession d'enseignant de la conduite automobile et de la sécurité routière (BEPECASER) ;
    • soit du certificat d'aptitude professionnelle à l'enseignement de la conduite des véhicules terrestres à moteur (CAPEC) ;
    • soit du certificat d'aptitude professionnelle et pédagogique (CAPP) ;
    • soit du brevet de spécialiste de l'Armée de terre (BSAT) mention instruction élémentaire de conduite ;
    • soit d'un diplôme d'enseignement de la conduite délivré en outre-mer.

Pièces justificatives

Les pièces suivantes doivent être jointes à la demande  :

  • un justificatif d'identité et d'état civil ;
  • si le titulaire est étranger, la justification qu'il est en règle à l'égard de la réglementation concernant les étrangers en France ;
  • 2 photos d'identité identiques et récentes ;
  • une déclaration de domicile;
  • la photocopie recto verso certifiée conforme de son permis de conduire ;
  • la photocopie certifiée conforme :
    • du diplôme du BEPECASER (et, si nécessaire, des mentions spécifiques) ;
    • de l'un des titres ou diplômes reconnus équivalents ;
    • ou de l'attestation de réussite à l'examen du BEPECASER ;
  • un certificat médical obtenu lors du contrôle médical obligatoire.

Le préfet accuse réception du dossier du demandeur dans un délai d'1 mois et l'informe, si nécessaire, de tout document manquant.

  À savoir :

La préfecture complète le dossier par un extrait du casier judiciaire n°2 du demandeur.

Un label peut être délivré aux auto-écoles respectant 6 critères de qualité, notamment pour la prise en charge financière des formations à la conduite au titre du compte personnel de formation (CFP) :

  • l'identification précise des objectifs de la formation et son adaptation au public formé ;
  • l'adaptation des dispositifs d'accueil, de suivi pédagogique et d'évaluation aux publics de stagiaires ;
  • l'adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d'encadrement à l'offre de formation ;
  • la qualification professionnelle et la formation continue des personnels chargés des formations ;
  • les conditions d'information du public sur l'offre de formation, ses délais d'accès et les résultats obtenus ;
  • la prise en compte des appréciations rendues par les stagiaires.

Ce label atteste de la qualité des formations à la conduite des véhicules terrestres à moteur et à la sécurité routière dispensées au sein des écoles de conduite agréées qui s'appuient sur la formation à la conduite pour faciliter l'insertion ou la réinsertion sociale ou professionnelle.

La demande d'adhésion au label s'effectue par formulaire auprès du préfet du lieu d'implantation de l'auto-école. Il émet un avis dans un délai de 2 mois à partir du dépôt de la demande.

Le label et un certificat de conformité sont délivrés à l'auto-école après signature du contrat de labellisation.

L'attribution du label est gratuite pour les écoles s'engageant dans une démarche de qualité de leurs formations.

L'usage du label est autorisé pour une durée de 3 ans à partir de la date de signature du contrat de labellisation. La demande de renouvellement doit être adressée au préfet 2 mois avant l'expiration du label.

Ce label peut être retiré en cas de non-respect d'un ou plusieurs critères de qualité ou en cas de retrait de l'agrément préfectoral de l'auto-école.

La préparation au permis B peut être intégrée dans le CPF si l'obtention du permis contribue à la réalisation d'un projet professionnel ou la sécurisation du parcours professionnel.

Le préfet doit retirer l'autorisation d'enseigner en cas :

  • suspension, invalidation ou annulation du permis de conduire de l'enseignant ;
  • en cas d'inaptitude médicale établie par la visite médicale périodique ;
  • en cas de condamnation ;
  • en cas d'absence à la visite médicale dans les délais.

De même, l'agrément de l'exploitant peut être retiré si :

  • l'une des conditions mises à la délivrance de l'agrément cesse d'être remplie ;
  • le programme de formation à la conduite n'est pas conforme ;
  • le titulaire déclare une cessation définitive d'activité ;
  • le titulaire ne demande pas le renouvellement de son agrément dans le délai exigé.

En cas d'urgence justifiée par des faits passibles d'une des condamnations mentionnées à l'article R212-4 du code de la route, le préfet peut suspendre l'agrément d l'exploitant ou l'autorisation d'enseigner pour une durée maximale de 6 mois.

La suspension cesse de plein droit dès lors que l'autorité judiciaire s'est prononcée avant l'expiration du délai de 6 mois.

  À savoir :

En cas d'incapacité physique incompatible avec l'enseignement pratique de la conduite ou avec la conduite, attestée par un certificat médical, le préfet délivre une autorisation d'enseigner réduite à l'enseignement théorique (code) et porte la mention restrictive enseignement théorique sur l'autorisation d'enseigner.