Fiche pratique

Accident du travail : indemnités journalières pendant l'arrêt de travail

Vérifié le 06 septembre 2016 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Si vous êtes salarié(e) en arrêt de travail en raison d'un accident du travail, vous avez droit à des indemnités versées par votre caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Le montant de l'indemnisation et les conditions de versement diffèrent de celles prévues pour un arrêt maladie.

Si vous êtes un(e) salarié(e) victime d'un accident du travail occasionnant un arrêt de travail, vous avez droit à des indemnités journalières (IJ) de la part de votre CPAM. Les IJ sont destinées à compenser partiellement la perte de salaire.

Formule de calcul

Si vous êtes salarié mensualisé, votre CPAM détermine un salaire journalier de base, calculé en prenant en compte le montant de votre dernier salaire perçu avant la date d'interruption du travail, divisé par 30,42.

Vous percevez un pourcentage de ce salaire journalier de base, dans la limite d'un montant maximum par jour, qui varie dans les conditions suivantes :

Pourcentage du salaire versé, dans la limite d'un montant maximum, selon la durée de versement des indemnités

Durée de versement des indemnités

Pourcentage du salaire journalier de référence

Montant maximum par jour

Du 1er au 28e jour d'arrêt

60 %

193,23 €

À partir du 29e jour d'arrêt

80 %

257,65 €

Par exemple, en cas d'arrêt d'un salarié ayant perçu 2 000 € bruts le mois précédent, les indemnités journalières sont les suivantes : (2 000/30,42) x 60% = 39,44 € par jour. À partir du 29e jour d'arrêt, le montant est le suivant : (2 000/30,42) x 80% = 52,59 € par jour.

Il est ensuite déduit de ce montant :

  • un taux forfaitaire de 21%,
  • la CSG (6,2 %) et la CRDS (0,5 %).

Revalorisation

Lorsque l'arrêt de travail est supérieur à 3 mois, vos indemnités journalières peuvent être revalorisées en cas d'augmentation générale des salaires :

  • soit par arrêté ministériel : la revalorisation est alors forfaitaire et un coefficient de 1,01 est appliqué au gain journalier de base,
  • soit dans le cadre d'une convention collective : le salarié doit alors demander par courrier à sa CPAM l'application de la revalorisation prévue par la convention en joignant à sa demande une attestation de son employeur.

En cas d’accident du travail, le jour où se produit l'accident est intégralement payé par votre employeur. Les indemnités journalières vous sont versées par la CPAM à partir du premier jour qui suit l'arrêt du travail, sans délai de carence.

Il en est de même en cas de rechute ou d'aggravation de l’état de santé du salarié.

Les indemnités journalières sont versées pendant toute la période d'incapacité de travail, jusqu’à la guérison complète ou la consolidation de la blessure (ou le décès).

Si votre blessure est consolidée, un taux d'incapacité permanente (IPP) est fixé par la CPAM et vous ouvre droit au versement d'une rente viagère ou d'une indemnité forfaitaire en capital.

Conditions

L'employeur est tenu de vous verser une indemnité complémentaire durant votre arrêt de travail, si vous remplissez toutes les conditions suivantes :

  • ne pas être travailleur à domicile, salarié saisonnier, intermittent ou temporaire,
  • justifier d'au moins une année d'ancienneté dans l'entreprise (calculée à partir de votre premier jour d'absence),
  • avoir transmis à l'employeur le certificat médical dans les 48 heures,
  • bénéficier des indemnités journalières versées par la sécurité sociale,
  • être soigné en France ou dans l'un des États membres de l'Espace économique européen (EEE).

  Attention :

en contrepartie de l'obligation de verser les indemnités, l'employeur peut recourir à une contre-visite médicale.

Montant

Sauf dispositions conventionnelles plus favorables (comme par exemple le maintien de salaire), le montant des indemnités versées par l'employeur est calculé de la manière suivante :

  • pendant les 30 premiers jours d’arrêt de travail, le montant correspond à 90 % de la rémunération brute que vous auriez perçue si vous aviez travaillé,
  • pendant les 30 jours d’arrêt suivants, le montant correspond aux 2/3 (66,66 %) de cette même rémunération.

Si votre absence entraîne une augmentation de la durée de travail des autres salariés, cette augmentation n'est pas prise en compte pour calculer la rémunération brute.

Lorsque les indemnités journalières versées par la sécurité sociale sont réduites (par exemple, en raison d'une hospitalisation ou d'une sanction de la CPAM pour non-respect de la procédure), les indemnités complémentaires versées par l'employeur restent toutefois calculées sur le montant intégral des indemnités journalières.

Date de début de versement

Aucun délai de carence n'est prévu. Le versement des indemnités complémentaires commence dès votre premier jour d'absence.

Durée de versement

Vos indemnités complémentaires sont versées jusqu'au terme de votre arrêt de travail, dans la limite d'une durée maximale par période de 12 mois. Cette durée de versement des indemnités versées par l'employeur varie en fonction de votre ancienneté dans l'entreprise, de la manière suivante :

Durée de versement des indemnités complémentaires en fonction de votre ancienneté

Durée d'ancienneté dans l'entreprise

Durée maximale de versement des indemnités au cours d'une période de 12 mois

de 1 à 5 ans

60 jours (30 jours à 90% et 30 jours à 66,66%)

de 6 à 10 ans

80 jours (40 jours à 90% et 40 jours à 66,66%)

de 11 à 15 ans

100 jours (50 jours à 90% et 50 jours à 66,66%)

de 16 à 20 ans

120 jours (60 jours à 90% et 60 jours à 66,66%)

de 21 à 25 ans

140 jours (70 jours à 90% et 70 jours à 66,66%)

de 26 à 30 ans

160 jours (80 jours à 90% et 80 jours à 66,66%)

31 ans et plus

180 jours (90 jours à 90% et 90 jours à 66,66%)

La période des 12 mois de versement des indemnités s'apprécie, pour chaque jour d’arrêt de travail, de date à date. Tous les jours calendaires sont pris en compte.

Si vous avez déjà bénéficié d'une ou plusieurs périodes d'indemnisation pour maladie par l'employeur dans les 12 mois précédents, il en est tenu compte pour calculer la durée maximale de versement autorisée.

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